Si on se réfère à la pyramide du bonheur de Maslow, le besoin social occupe une grande partie de notre bien-être et est indispensable à notre vie. Toutefois, il n'est pas toujours si simple de réussir à communiquer avec les autres. Que ce soit avec ses collègues, sa famille, ses amis ou même au sein de son couple, la communication n'est pas chose si aisée et mérite d'être travaillée au quotidien afin d'éviter frustrations, colère, conflits et désordre.

On nous apprend à communiquer depuis notre plus jeune âge, mais de part notre éducation et notre entourage, nous avons différentes façons de nous exprimer, qui ne sont pas toujours compatibles et entraînent des quiproquos ou même des conflits. Apprendre à dire les choses comme il faut, respecter les sentiments des autres, savoir pardonner, affirmer son autorité, savoir donner son avis : toutes ces choses exigent de s'y prendre de la bonne manière, peu importe qui est votre interlocuteur. Pour cela, nous allons vous aiguiller sur la communication non-violente (CNV) afin de rendre vos échanges plus simples et rétablir la bienveillance.

Les 4 étapes de la CNV

La communication non-violente se divise en 4 grandes étapes, aussi nommées OSBD, à savoir l'observation (O), les sentiments (S), le besoin (B), et la demande (D). Détaillons ces étapes :

L'observation

Elle consiste comme son nom l'indique à observer les faits, à décrire la situation présente. Elle permet de distinguer les observations objectives (ce qu'on voit, ce qu'on en déduit en toute logique), les évaluations (qualifier en bien ou en mal la situation, les personnes concernées) et les interprétations (ce qu'on en conclut). Dans la communication non-violente, on recommande d'éviter d'utiliser les évaluations et les jugements, bien qu'ils soient légitimes et peuvent être exprimés si nous précisons bien que ce n'est que ce que nous imaginons, car ils ont tendance à enfermé les gens dans une case, à les faire se sentir juger et donc à ne pas contribuer à un bon échange. Par exemple, au lieu de dire "Tu es fainéant" qui expose un jugement, il vaut mieux dire "Tu n'es pas sorti aujourd'hui" qui est un fait observable.

Les sentiments

La CNV nous incite à communiquer en faisant part de nos sentiments et  à développer un vocabulaire affectif afin de mieux toucher nos interlocuteurs. Attention cependant à ne pas faire l'amalgame entre les émotions et la perception de ce que fait l'autre, ce sont deux choses bien distinctes. Si l'on se sent ignoré par quelqu'un parce qu'il ne nous dit pas bonjour, on ne décrit pas nos sentiments, mais interprétons plutôt son comportement. On est dans le jugement. Alors que nos sentiments sont plutôt de la tristesse, de la colère ou de la frustration. Il est également recommandé d'éviter d'utiliser le "tu" accusateur et de préférer le "je".

Les besoins

Entre ce que font les autres et ce que nous ressentons, il y a nos besoins. C'est pour cela qu'il est important de bien cerner nos besoins, de les assumer et de les exprimer. Ils vont permettre à l'interlocuteur de mieux vous comprendre et vont faciliter la suggestion d'alternatives pour satisfaire vos demandes. Les freins à l'expression des besoins sont en général dûs à la croyance d'une position de faiblesse ou d'infériorité, la non-croyance en la bienveillance de l'autre, le manque d'exercice à exprimer ses besoins et au conditionnement social ou familiale.

La demande

La communication non-violence nous incite à exprimer nos sentiments et nos besoins pour éclaircir notre demande. Elle recommande de faire des demandes concrètes et des actions nécessaires qui répondent à nos besoins. Mais attention à bien distinguer "demandes" et "exigences". D'ailleurs, chaque demande est toujours mieux reçue lorsqu'elle est active, positive, explicite, simple et claire.

Si cette méthode de communication a pour but de valoriser la création de liens entre les individus et à les conserver dans le temps, elle n'est pas si simple à mettre à place. On vous recommande tout de même de tester, mais si vous ne vous sentez pas encore très à l'aise avec cette façon de faire, on vous donne tout de même d'autres alternatives plus basiques.  

Ecoutez davantage

Une des clés de la communication c'est de bien écouter son interlocuteur. On met ses avis, ses expériences et son égo de côté et on pratique l'écoute active en faisant des mouvements de tête, en reformulant ce que l'autre raconte ou en rebondissant sur ce qu'il dit. Les silences ne font pas de vous quelqu'un d'inintéressant. Ils font de vous quelqu'un qui sait laisser de la place à l'autre.

Acceptez vos différences

Bien communiquer, c'est aussi savoir faire des compromis. On ne peut pas toujours partager le même avis et être en accord sur tout. Il faut se rappeler que chacun à ses convictions, ses valeurs, ses habitudes et qu'on ne peut pas tout remettre en question. Le but de la communication n'est pas de faire un duel d'égos, mais plutôt de trouver un terrain d'entente, une concordance mutuelle, quitte à accepter de se remettre en question.

Adoptez l'empathie

L'empathie n'est pas associée au fait de trouver des solutions pour l'autre, d'analyser sa situation ou de rentrer dans la plainte de l'autre. Elle sert plutôt à accueillir les émotions, les besoins de l'autre et à les lui rendre bien. C'est une vraie qualité qui n'est pas à négliger : elle permet de désamorcer bien des conflits.

Utilisez des mots magiques

Les mots magiques de bases tels que "s'il te plait", "merci", "bonjour/au revoir" ne sont évidemment pas à oublier, mais ce ne sont pas de ces mots magiques là dont on fait référence. On pense plutôt au "je comprends" qui va offrir à l'autre un réconfort, un soutien non négligeable pour offrir à l'autre une totale confiance en vous et sans se sentir juger.

Osez exprimer vos émotions

On y revient finalement toujours, les émotions sont vraiment essentielles à la communication, bien qu'elles puissent aussi tout chambouler. Il est nécessaire de dire ce que tu ressens, car c'est ton droit. Les émotions sont naturelles et elles peuvent aider tes interlocuteurs à te comprendre. Evidemment, exprimer ses émotions est important, mais attention aux débordements ! Si tu sens que tu n'arrives plus à les contrôler, on te suggère de reporter la conversation à plus tard, lorsque tes idées seront plus calmes.

On espère qu'on vous aura aidé à améliorer vos échanges. Si vous vous lancez dans la communication non-violente, n'hésitez pas à nous partager vos expériences sur les réseaux sociaux ! Bon lundi à vous.